Un homme qui aime les femmes, Tryo

 

Etude littéraire de cette chanson

 

Moi je comprends
Qu'on puisse se laisser aller dans des délires improvisés
Ceux qui vous mènent dans des endroits
un déesse entre les bras
Quand c'est elle qui vous prend la main
vous embarque jusqu'au matin
Faudra fournir quelques efforts, elle va t'faire visiter son corps

 
Un homme qui aime les femmes
On appelle ça....?
Une femme qui aime les hommes
On appelle ça ....?
 

Ouverte à toute proposition offerte sans carte et sans bifton
Elle va t'faire découvrir l'amour sans majuscule et sans détour
Aucun problème pour après tu la prends et tu disparais
Pas de temps pour la love story elle aime juste être dans ton lit
 

Un homme qui aime les femmes
On appelle ça un Dom Juan
Une femme qui aime les hommes
On appelle ça comment?

 
Si tu la suis
Tu vas t'retrouver comme une mouche emprisonnée dans de la cire
Si tu te noies dans l'émail de son filet de son sourire
Elle va te déchirer ton benne elle va te déchirer ton coeur
Si tu lui murmures un je t'aime tu nourriras ton malheur
Ton malheur
 

Quand la belle t'aura lâché
Sur le bitume du trottoir
Je viendrai te récupérer
Des griffes noires de ton cafard
Sur le parapet d'un pont
On restera entre potes
Je te chanterai mes chansons
Les femmes c'est toutes des...

 
Un homme qui aime les femmes
On appelle ça un Dom Juan
Une femme qui aime les hommes
On appelle ça comment?
Une femme qui aime les hommes est avant tout une femme...

 

P'tit pédé, Renaud

 


T'as quitté ta province coincée
Sous les insultes, les quolibets
Le mépris des gens du quartier
Et de tes parents effondrés
A quinze ans quand tu as découvert
Ce penchant paraît-il pervers
Que tu l'as annoncé à ta mère
J'imagine bien la galère
Petit pédé

T'aurais été noir pas de lézards
Besoin d' l'annoncer à personne
Mais c'est franchement une autre histoire
Que d'avouer j'aime les hommes
C'est pas d' ta faute, c'est la nature
Comme l'a si bien dit Aznavour
Que c'est quand même sacrément dur
A l'âge des premières amours
Petit pédé

Toute sa vie à faire semblant
D'être normal comme disent les gens
Jouer les machos à tout bout de champ
Pour garder ton secret d'enfant
Dans le p'tit bled d'où tu viens
Les gens te traitaient pire qu'un chien
Il fait pas bon être pédé
Quand t'es entouré d'enculés
Petit pédé

A Paris tu as débarqué
Dans les back-room du Marais
Dans ce ghetto un peu branché
Tu as commencé à t'assumer
Pour tous les homos des bars gays
Tu étais un enfant perdu
Tu as été bien vite adopté
Même si c'était pour ton cul
Petit pédé

Tu t'es laissé aller parfois
A niquer plus que de raison
C'est ta liberté, c'est ton droit
T'as heureusement fait attention
Tu t'es protégé de ce mal
Qui a emporté tant de tes potes
Face à ce virus infernal
Tu sortais jamais sans capotes
Petit pédé

Bientôt tu trouveras un mec
Un moustachu ou un gentil
Alors tu te maqueras avec
Pour quelques jours ou pour la vie
Rêverez peut-être d'un enfant
Y en a plein les orphelinats
Sauf que pour vous papa, maman
C'est juste interdit par la loi
Petit pédé

Tu seras malheureux parfois
La vie c'est pas toujours le pied
Moi qui ne suis pas comme toi
Le malheur j'ai déjà donné
Qu'on soit tarlouze ou hétéro
C'est finalement le même topo
Seul l'amour guérit tous les maux
Je te le souhaite et au plus tôt
Petit pédé
Petit pédé

 

Manhattan Kaboul, Renaud (duo avec Axelle Red)

 


Petit Portoricain, bien intégré quasiment New-yorkais
Dans mon building tout de verre et d’acier,
Je prends mon job, un rail de coke, un café,
Petite fille Afghane, de l’autre côté de la terre,
Jamais entendu parler de Manhattan,
Mon quotidien c’est la misère et la guerre
Deux étrangers au bout du monde, si différents
Deux inconnus, deux anonymes, mais pourtant,
Pulvérisés, sur l’autel, de la violence éternelle
Un 747, s’est explosé dans mes fenêtres,
Mon ciel si bleu est devenu orage,
Lorsque les bombes ont rasé mon village
Deux étrangers au bout du monde, si différents
Deux inconnus, deux anonymes, mais pourtant,
Pulvérisés, sur l’autel, de la violence éternelle
So long, adieu mon rêve américain,
Moi, plus jamais esclave des chiens
Vite imposé l’islam des tyrans
Ceux là ont-ils jamais lu le Coran ?
Suis redev’nu poussière,
Je s’rai pas maître de l’univers,
Ce pays que j’aimais tellement serait-il
Finalement colosse aux pieds d’argile ?
Les dieux, les religions,
Les guerres de civilisations,
Les armes, les drapeaux, les patries, les nations,
Font toujours de nous de la chair à canon
Deux étrangers au bout du monde, si différents
Deux inconnus, deux anonymes, mais pourtant,
Pulvérisés, sur l’autel, de la violence éternelle
Deux étrangers au bout du monde, si différents
Deux inconnus, deux anonymes, mais pourtant,
Pulvérisés, sur l’autel, de la violence éternelle.

 

 

 

 

 

    Dans ce thème intitulé "Intolérance", les artistes critiquent la société qui rejette les différences. En effet, dans "Un homme qui aime les femmes", Tryo souligne la différence faite entre les hommes et les femmes par rapport à leur réputation après avoir eu un comportement identique: un homme qui multiplie les conquêtes est considéré comme un Dom Juan, tandis qu'une femme dans le même cas est traitée de prostituée. Ce problème de l'inégalité entre hommes et femmes est un sujet intemporel, pouvant se référer à toutes les époques. De même, dans la chanson "P’tit pédé", Renaud dénonce l'homophobie et la difficulté de vivre pleinement l'homosexualité sans être montré du doigt par la société, des problèmes n'appartenant pas non plus à une époque définie.

Par contre, "Manhattan-Kaboul" de Renaud traite des tensions entre les Etats-Unis et les pays islamiques. Faisant référence aux attentats du 11 septembre 2001 qui ont encore accentué ces tensions, cette chanson est tributaire de son époque.
 

 

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